Nos ancêtres vivent en nous !

Mémoire cellulaire et psychogénéalogie

 

Depuis quelques années, l’intérêt pour la généalogie se développe et prend de l’ampleur. S’intéresser davantage à l’histoire de nos ancêtres permettrait de mieux comprendre notre propre parcours, nos peurs et nos schémas répétitifs. Nos ancêtres ont-ils une influence sur notre vie ? Comment s’explique cette mémoire familiale ?

La psychogénéalogie est une approche thérapeutique qui s’intéresse à nos origines et à la place que nous occupons dans notre famille. En s’intéressant à la mémoire familiale et aux événements douloureux qui se sont déroulés, la psychogénéalogie tente de comprendre l’impact psychologique de nos ancêtres sur notre propre vie personnelle.

Les conflits antérieurement vécus dans notre famille, souvent caractérisés par des angoisses, de la colère, des maladies, des problèmes d’argent ou sentimentaux, peuvent laisser des traces inconscientes aux générations futures.

La psychogénéalogie affirme que nous portons au plus profond de nous-même les histoires des ancêtres de notre arbre généalogique : c’est également ce qu’on appelle la « mémoire cellulaire ».

 

Une étude scientifique réalisée par la faculté de médecine d’Atlanta

Dans une étude réalisée par la faculté de médecine de l’Université d’Emory à Atlanta, les chercheurs ont prouvé que certaines informations peuvent être héréditaires grâce à des modifications chimiques produites dans l’ADN. En réalisant des expériences sur des souris, ils ont remarqué que celles-ci peuvent, dans un état de stress ou traumatique, transmettre les informations apprises aux générations suivantes.

« D’un point de vue translationnel, nos résultats nous permettent d’apprécier la manière dont les expériences d’un parent, avant même d’avoir conçu la progéniture, influencent considérablement la structure et la fonction du système nerveux des générations futures. »

Le docteur Brian Dias du département de psychiatrie à l’Université d’Emory

 

La psychogénéalogie affirme que nos cellules se souviennent de notre histoire, de nos peurs comme de nos moments de joie. L’hypothèse de la mémoire cellulaire veut que la mémoire ne soit pas uniquement présente dans une partie de notre cerveau, mais également dans l’ensemble du corps : chaque cellule porte en elle la mémoire du passé.

La mémoire individuelle se définit en fonction de notre système nerveux, au niveau morphologique et synaptique. Au cours de notre vie, nous accumulons des informations, des expériences et des souvenirs. Cette accumulation s’exprime sur le plan biologique par une modification des neurones et des connexions qu’ils établissent entre eux. On parle alors de plasticité cérébrale, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se modifier au cours de la vie et des expériences accumulées.

« La mémoire est par essence un fait biologique et par accident un fait psychologique. »

Théodule Ribot

mémoire cellulaire méditation

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Lorsque nous éprouvons une émotion, cette émotion est toujours en résonance avec une émotion passée : il y aura toujours un souvenir qui permet de reconnaître l’émotion en question. Le cerveau enclenche un processus de reconnaissance à travers la mémoire, dans le but de préparer le corps à l’émotion qui va se manifester.

Ainsi, les émotions que nous ressentons peuvent être totalement amplifiées comparé à l’émotion du moment présent. Ce fonctionnement explique pourquoi certaines personnes peuvent se mettre en colère très rapidement pour une broutille ou se sentir vite démoralisées face à un événement.

En réalité, le cerveau, faisant appel à notre mémoire et en comparant un événement passé à l’événement présent, tente uniquement de se protéger, par le biais des émotions, d’un danger ou d’une souffrance passée.

Ainsi, la psychogénéalogie tente de comprendre nos peurs, nos blocages et nos erreurs en cherchant des réponses du côté de nos ancêtres. Nos cellules transportent de manière inconsciente des blessures du passé, faisant parfois surface au cours de notre vie. L’objectif est de se décharger du lourd vécu de notre mémoire familiale, en cessant de subir des blessures qui ne nous appartiennent pas.

 

Mélanie Coudert